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Loving Boys, Christian Schad (1929)

    Au XXème siècle, peintres, écrivains et artistes n'hésitent pas à exprimer leur sensibilité, même lorsqu'elle est homosexuelle, mais toujours avec prudence, retenue et second degré. 

    La littérature de l'époque met en scène des “invertis” mais toujours pour les ridiculiser, leur attribuer des rôles de traitres, de fourbes, ou de psychopathes. L'homosexuel est toujours présenté sous des traits féminins car c'est la confusion des genres qui pose problème, avant le comportement ou l'attirance sexuelle.

    Sigmund Freud publie en 1905 Trois essais sur la théorie sexuelle, où il développe sa théorie sur la sexualité infantile. Il envisage l'homosexualité comme un processus de maturité sexuelle non abouti : l'homosexuel est considéré comme un infirme. 

   André Gide sera le premier auteur à faire l'apologie de l'homosexualité et à dénoncer la suprématie de l'hétérosexualité dans Corydon (1924), à une époque où la littérature associe l'homosexualité à la décadence, et où la presse condamne sévèrement les quelques écrivains qui osent abordés l'homosexualité sous un angle positif. André Gide publie son roman sous un pseudonyme en 1911, puis le revendique publiquement en 1924, créant un scandale énorme. 

    Dans le domaine de la mode, ce sont les lesbiennes en particulier qui apportent une certaine influence au début du siècle, par leur look androgyne et leur genre “garçonne”. Cette mode, née de l'émancipation de la femme au sortir de la Première Guerre Mondiale, reflète une mutation culturelle dans la représentation du genre féminin. 

    Dans le cinéma, on voit apparaître un florilège de festivals de films homosexuels, à la fin des années 70, tels que la Semaine du film homosexuel au Cinéma L'Olympic de Frédéric Mitterrand à Paris, ou encore le Festival National Homosexuel à Rennes. 

    La musique devient également porteuse de symbole pour la cause homosexuelle. En effet, la Gay Pride, ou "Christopher Street Day", du nom de la rue new-yorkaise où ont eu lieu les émeutes de 1969, célèbre l'union des homosexuels par la musique. Depuis ce jour de 1969, c'est par les clubs que le mouvement homosexuel s'est constitué une nouvelle culture communautaire et révolutionnaire. La musique qui a fédéré les gays du monde entier, de New-York, Londres, Berlin, Barcelone, Paris mais aussi de toutes nos villes de région, c'est le disco. Le disco est devenu à travers la planète le son de ralliement de la communauté gay et pour la première fois, des artistes de toutes origines et de toutes cultures ont eu instantanément un succès planétaire à travers des tubes que les Dj's passaient au même moment à San Francisco, Marseille, Cologne ou Bruxelles. Au delà de la musique elle-même, c'est sa mise en œuvre dans les discothèques qui va marquer une rupture avec le jazz, le swing ou le twist des périodes précédentes. Du swing des zazous au disco des années 70 en passant par le Stonewall new-yorkais, la musique et les lieux festifs deviennent un outil de subversion inconscient des homosexuels à travers le monde. Mieux que la chanson engagée ou les textes des existentialistes, le clubbing et la dance musique vont peu à peu voir les interventions musclées de la police s'espacer, les jeunes homosexuels sortir de leur solitude honteuse pour faire la fête ensemble et s'émanciper.

    Certains chanteurs de variété abordent plus facilement le thème de l'homosexualité dans leur chanson soit en caricaturant le regard de la société sur l'homosexualité comme Fernandel dans "On dit qu'il en est", soit en y apportant un aspect émotionnel marqué par la tendresse comme le fait Aznavour dans "Comme ils disent".

On dit qu'il en est - Fernandel (1968)

Comme ils disent - Charles Aznavour (1991)

    Des icones gays apparaissent, parfois même malgré elle, parmi les célébrités du monde de la musique par leurs textes ou par l'image qu'ils renvoient d'eux-même. Ainsi nous pouvons citer Mylène Farmer par son titre "Maman a tort" sorti en 1984 ou encore le groupe Indochine qui aborde le sujet de l'ambiguité sexuelle avec le titre "Troisième sexe" sorti en 1985. 

Maman a tort - Mylène Farmer (1984)

Troisième sexe - Indochine (1985)

    Dans le milieu du rock, milieu fermé à toute forme d'expression homosexuelle à l'époque, un changement se fait sentir lorsque certaines célébrités assument publiquement leur orientation sexuelle sans complexe. Freddie Mercury, du groupe britannique Queen, est l'exemple parfait pour illustrer cette évolution. Il consacre également le titre "I want to break free" au "coming out" : l'annonce de son orientation sexuelle. Dans le clip, il utilise notamment le symbole du placard qui fait référence à l'expression "sortir du placard", et s'y présente en travesti. Ce clip a d'ailleurs été censuré aux Etats-Unis, ce qui traduit le malaise persistant autour de l'homosexualité.

                                     

I want to break free - Queen (1984)     

 


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