Le XXIème siècle naissant se caractérise par deux grands courants qui se complètent : d'une part la lutte contre l'homophobie, d'autre part, les actions menant à l'acceptation pleine et entière de l'homosexualité au même titre que l'hétérosexualité.

    La lutte contre l'homophobie se décline en plusieurs volets. Depuis deux siècles, la situation a évolué de façon considérable, en passant de la dépénalisation de l'homosexualité, à la condamnation des discriminations à caractère homophobe. La loi interdit et punit les discriminations fondées sur l'orientation sexuelle, et en fait même une circonstance aggravante. Et pour cause, bien que l'homophobie soit désormais pénalement punissable, elle n'en reste pas moins présente dans la société qui lutte pour la faire décliner.

   Sur le plan associatif, les actions ayant débuté à la fin des années 1990 se poursuivent et s'intensifient. En France, l'association la plus influente reste SOS Homophobie, créée en 1994, association nationale de lutte contre les discriminations et agressions à caractère homophobe. Elle propose non seulement une écoute et une assistance aux victimes, mais aussi une aide juridique pour ces victimes. L'association présente chaque année un rapport de l'homophobie, qui dresse un tableau général des témoignages recueillis par les bénévoles. 

    En 2011, plus de 1500 témoignages ont été recueillis. Dans plus de la moitié des cas, il s'agit d'insultes à caractère homophobe, mais l'association recense également des cas de harcèlement, de diffamation, d'agressions physiques (13%), et même d'agressions sexuelles.

    En 2006, lors de la plus importante conférence internationale sur les droits humains LGBT (Lesbienne, Gay, Bisexuel, Transexuel) jamais organisée à ce jour, la Fondation Emergence propose que le 17 mai soit une journée mondiale consacrée à la lutte contre l'homophobie. Cette conférence s'est soldée par l'adoption de la Déclaration de Montréal.

     La situation en Europe est relativement contrastée sur la question de l'homophobie et de l'acceptation de l'homosexualité. En 2009, quatre pays de l'Union Européenne autorisent le mariage entre personnes de même sexe : la Belgique, l'Espagne, les Pays-Bas et la Suède. D'autres états, comme la France, l'Allemagne, l'Autriche, le Danemark ou encore la Finlande, n'en sont pas encore à la légalisation du mariage des homosexuels, mais reconnaissent d'une manière ou d'une autre les couples de même sexe, par une union civile ou par un concubinage homosexuel reconnu. C'est en Grande-Bretagne que l'homophobie recule de la façon la plus significative. 

       Malgré tout, les anciennes représentations restent dans certaines mémoires, puisque le rapport de la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Egalité indiquait en 2006 que dans le domaine de la santé, l'homosexualité était encore parfois envisagée comme "un trouble ou une maladie". 

     En France, le PACS, Pacte Civile de Solidarité, fut une avancée majeure pour la défense de la cause homosexuelle. Le PACS est né pour combler un vide juridique entourant les couples non mariés, ainsi que les couples homosexuels. Cette nouvelle loi a entraîné nombre de débats politiques, parfois très houleux, car une grande partie des parelementaires y étaient réfractaires, craignant la fin de l'institution du mariage ou la dérive vers le mariage homosexuel - inenvisageable à l'aube du XXIème siècle en France. Après une très vive opposition de la droite, la loi sera finalement votée le 16 novembre 1999.

    Moins de 15 ans plus tard, alors que François Hollande succède à Nicolas Sarkozy à la présidence française, c'est le mariage pour tous qui est proposé : dans un souci d'égalité, le parti socialiste présente un projet de loi visant à rendre l'institution du mariage civil accessible à la communauté homosexuelle. De nouveau, les opposants à ce projet de loi sont les politiciens de droite, connus pour être plus "conservateurs". Les craintes de ces derniers sont les mêmes qu'au début des années 2000 (la fin de l'institution du mariage tel qu'on le connaît). L'église catholique participera activement aux débats, profitant de l'ampleur médiatique de l'évènement, en s'appuyant sur des arguments similaires aux idées du XIXème siècle, envisageant l'homosexualité comme une attitude contre-nature, voire comme une maladie qu'il faut soigner. Christiane Taubira, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, portera ce projet de loi, ouvrant le mariage et l'adoption aux couple de même sexe, à l'Assemblée Nationale, où il sera adopté e 12 février 2013. La communauté homosexuelle attend désormais que cette loi soit examinée par le Sénat.

    Au XXIème siècle comme aux siècles précédents, le regard de la société évolue, non sans mal, vers l'acceptation pleine et entière de la condition homosexuelle. L'homophobie reste présente malgré tout, entretenue, si l'on peut dire, par la crainte de la différence.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site