Bien qu'elle ait toujours existé, ce n'est qu'au milieu du XIXème siècle que l’homosexualité trouvera une terminologie sans connotation péjorative. C'est ainsi que les termes « homosexuel » et « lesbienne » apparaissent dans le vocabulaire bien que les termes péjoratifs pour désigner l'homosexualité perdurent comme « sodomite », « pédéraste » ou « inverti ».

    Ce changement de vocabulaire traduit un changement de perception et de mentalité. Les homosexuels ne sont alors plus considérés comme des criminels mais comme des malades mentaux dans le champs de la psychiatrie naissante. En tant que tels, on les livre à des expériences médicales qui relèvent plus de la torture que de la science après les avoir enfermés dans des hôpitaux psychiatriques.

    La société du XIXème siècle est une société conservatrice et religieuse ce qui implique une place démesurée pour la censure. Cependant, malgré cette censure, la littérature érotique homosexuelle et des peintures sans ambiguïté émergent et fait de l'homosexualité un phénomène social, politique et culturel avant la fin du siècle. Ainsi, en 1897, Magnus Hirschfeld fonde le Comité Scientifique Humanitaire à Berlin. Il s'agit du premier groupe socio-politique engagé en faveur de la cause homosexuelle masculine.

    La législation française, en ne considérant plus l'homosexualité comme un crime à partir de 1810, se montre en avance sur le reste de l'Europe, mais la société conservatrice et religieuse contourne le problème en associant l'homosexualité à la pédophilie et la prostitution. Les homosexuels sont alors condamnés pour « outrage public aux bonnes mœurs ». En Angleterre, la sodomie entraîne la peine capitale (80 pendaisons entre 1800 et 1834). La peine de mort, abolie en 1861, est remplacée par des travaux forcés. L'expérience de Oscar Wilde en Angleterre en est la démonstration car il a été condamné à deux ans de travaux forcés en raison de son homosexualité et obligé de se réfugier en France en sortant de prison. La législation prussienne répressive, qui s'étend à tout l'Empire Germanique, quant à elle, condamne l'homosexualité à cinq ans de prison. Ainsi, le roi de Bavière, Louis II, sera interné pour folie en raison de son homosexualité, et finira par se suicider.

 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site